L'équilibre entre l'actif du régime et le coût des rentes futures est un objectif continu pour les deux répondants du Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l'Ontario : la Fédération des enseignantes et des enseignants de l'Ontario (FEO) et le gouvernement de l'Ontario.

Dans les décisions qu'ils prennent au nom de l'ensemble des bénéficiaires, la direction et les répondants du régime tiennent compte de l'incidence des facteurs et des risques démographiques et économiques en constante évolution. Le tableau ci-dessous montre des changements dans les principales variables de capitalisation depuis la création du régime en 1990.

Évolution des variables de capitalisation 1990 2016*
Âge moyen du départ à la retraite 58 59
Rente moyenne initiale 29 000 $ 45 000 $
Nombre moyen d'années de cotisation au départ à la retraite 29 26
Nombre d'années prévues de la rente 25 31
Nombré de retraités âgés de 100 ans ou plus 13 142
Ratio des enseignants actifs par rapport aux retraités 4 pour 1 1,3 pour 1
Taux de cotisation moyen 8,0 % 12,3 %

*au 31 décembre, 2016

Principales considérations sur la capitalisation :

Le régime a déterminé quatre risques de capitalisation principaux, liés à la longévité, aux taux d'intérêt, à l'inflation et à la volatilité de l'actif, et il s'emploie à gérer l'équité intergénérationnelle en fonction de ces risques.

Longévité

Les enseignants de l'Ontario vivent plus longtemps que la population canadienne en général, et leur espérance de vie continue d'augmenter. Il en coûte davantage pour verser des rentes viagères lorsque les participants vivent plus longtemps. Les participants cotisent au régime pendant moins d'années que dans les années 1990, et leur retraite dure plus longtemps. Le régime actualise régulièrement ses hypothèses de mortalité (la dernière fois à l'occasion de l'évaluation du 1er janvier 2015) et a adopté des modèles plus innovants pour prévoir les augmentations de la longévité, conformément aux principes établis par les actuaires du Canada, des États-Unis et du Royaume-Uni.

Taux d'intérêt

Une croissance économique hésitante et une faible inflation ont maintenu les taux d'intérêt à des planchers historiques. Quand les taux d'intérêt sont peu élevés, le passif du régime augmente, car il faut investir plus d'argent pour produire un rendement suffisant pour payer les rentes futures. Au Canada, les rendements des obligations à rendement réel à long terme ont diminué de 2,07 %, en moyenne, au cours des 20 dernières années, à 0,51 % à la fin de 2016.Les taux d'intérêt ont également une incidence sur les prix de l'actif, et une augmentation des taux pourrait diminuer la valeur de l'actif du régime.

Inflation

Le régime tente d'indexer annuellement la rente des participants retraités afin de compenser l'incidence de l'inflation. Un taux d'inflation plus élevé accroît le passif du régime, compte tenu de son mécanisme de protection contre l'inflation, tandis qu'un faible taux d'inflation a pour effet de réduire le passif. L'augmentation annuelle que reçoivent les participants est conditionnelle à la capitalisation du régime. Au Canada, le taux d'inflation est stable depuis 1991; il se situe généralement à moins d'un point de pourcentage du taux cible de la Banque du Canada, soit 2 %. La variation annuelle en pourcentage de l'indice mensuel des prix à la consommation se situait entre 1,1 % et 2,0 % en 2016. Dans cette période de taux directeurs bas, d'incertitude économique et de volatilité des marchés des devises et des marchandises, il est plus probable que l'inflation pourrait rater le taux cible de la banque centrale.

Volatilité de l'actif

Le solide rendement des marchés boursiers ces dernières années a contribué aux rendements positifs des placements du régime. Dans un contexte de croissance modeste à l'échelle mondiale, de risques macroéconomiques et géopolitiques et de resserrement de la politique monétaire des États-Unis, des valorisations plus élevées entraîneront une plus grande volatilité des marchés. Un certain nombre des principales devises ont connu un changement brusque après les résultats inattendus du référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne et des élections américaines. Il faut s'attendre à encore plus de volatilité des changes à mesure que nous connaîtrons les répercussions de ces événements géopolitiques et que certaines banques centrales commencent à hausser les taux d'intérêt, tandis que d'autres maintiennent des taux directeurs bas. La volatilité des marchés peut offrir des occasions aux investisseurs à long terme, mais elle peut aussi se traduire par des pertes de placement.

Équité intergénérationnelle

La viabilité du régime se définit par sa capacité de satisfaire les besoins actuels sans compromettre la capacité des générations futures de répondre à leurs propres besoins. L'équité intergénérationnelle est le principe selon lequel les participants de chaque génération cotisent une somme adéquate pour payer les prestations qu'ils recoivent. Il s'agit d'un aspect important de la viabilité.

En cas de pertes de placement importantes ou d'insuffisance de capitalisation, les répondants ont recours à deux leviers de capitalisation principales pour rééquilibrer le régime : accroître les taux de cotisation et baisser la protection conditionnelle contre l'inflation (PCCI).

Le RREO est un régime de retraite à maturité, qui compte un nombre relativement réduit de participants cotisants actifs pour financer d'éventuelles pertes de placement importantes. Il est peu probable que des augmentations des taux de cotisation puissent suffire à elles seules à financer des pertes de placement importantes et, de plus, ces augmentations seraient exclusivement absorbées par les participants actifs du régime. Comme il a déjà été mentionné, la PCCI offre plus de souplesse en ce qui concerne le montant de l'augmentation liée à l'inflation offerte pour les services décomptés après 2009. La PCCI est un moyen efficace d'atténuer les risques de capitalisation tout en favorisant l'équité intergénérationnelle, puisque le risque est plus largement réparti. Comme il est indiqué dans le tableau ci-dessous, la PCCI deviendra plus efficace au fil du temps étant donné que le montant des services décomptés après 2009 continue d'augmenter.

  1990 2016 2025
Augmentation des cotisations requise pour une perte d'actif de 10 % 1,9% 4,8% 5,3%
Diminution du niveau de la PCCI requise pour une perte d'actif de 10 % s. o. 36% 24%
Perte d'actif pouvant être compensée par la PCCI pleinement invoquée s. o. 31 $G 67 $G

Les chiffres ci-dessus sont relatifs à un régime entièrement capitalisé, avec une protection intégrale contre l'inflation pour toutes les prestations et des cotisations moyennes de 11 %. À titre d'exemple, une perte de 10 % de l'actif en 2025 pourrait être absorbée en réduisant de 100 % à 75 % les augmentations au titre de la protection contre l'inflation pour les prestations constituées après 2009. Dans le cas le plus extrême, si les niveaux de la PCCI étaient abaissés à 50 % pour les prestations constituées de 2010 à 2013 et à 0 % pour les prestations constituées après 2013, ce levier de capitalisation serait assez puissant pour absorber une perte de 62 G$ de l'actif en 2025.

La maturité du régime, la volonté d'atteindre l'équité intergénérationnelle et l'efficacité de la PCCI comme levier de capitalisation sont des facteurs clés dans la constitution et la gestion du portefeuille de placement.