L'équilibre entre l'actif du régime et le coût des rentes futures est un objectif continu pour les deux répondants du Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l'Ontario : la Fédération des enseignantes et des enseignants de l'Ontario (FEO) et le gouvernement de l'Ontario.

Dans les décisions qu'ils prennent au nom de l'ensemble des bénéficiaires, la direction et les répondants du régime tiennent compte de l'incidence des facteurs et des risques démographiques et économiques en constante évolution. Le tableau ci-dessous montre des changements dans les principales variables de capitalisation depuis la création du régime en 1990.

Évolution des variables de capitalisation 2019 1990
Âge moyen du départ à la retraite 59 58
Rente moyenne initiale 49 300 $ 29 000 $
Nombre moyen d'années de cotisation au départ à la retraite 26 29
Nombre d'années prévues de la rente 32 25
Nombré de retraités âgés de 100 ans ou plus 135 13
Ratio des enseignants actifs par rapport aux retraités 1,3 pour 1 4 pour 1
Taux de cotisation moyen 11,0 % 8,0 %
 

Principales considérations sur la capitalisation :

Le régime a déterminé quatre risques de capitalisation principaux, liés à la longévité, aux taux d'intérêt, à l'inflation et à la volatilité de l'actif, et il s'emploie à gérer l'équité intergénérationnelle en fonction de ces risques.

Longévité

Les enseignants de l’Ontario vivent plus longtemps que la population canadienne en général, et leur espérance de vie continue d’augmenter. Il en coûte davantage pour verser des rentes viagères lorsque les participants vivent plus longtemps. Au même moment, les participants cotisent au régime pendant moins d’années que dans les années 1990, et leur retraite dure plus longtemps. Étant donné la longévité des participants au régime, le RREO utilise des tableaux de mortalité qui lui sont propres et des échelles bidimensionnelles d’amélioration de la mortalité personnalisées qui sont révisées et mises à jour périodiquement au besoin. Les tableaux et les échelles ont récemment été mis à jour et ont été utilisés dans l’évaluation du 1er janvier 2020.

Inflation

Le régime tente d'indexer annuellement la rente des participants retraités afin de compenser l'incidence d'une augmentation du coût de la vie (inflation). Un taux d'inflation plus élevé que celui prévu dans l'évaluation accroît le passif du régime, compte tenu de son mécanisme de protection contre l'inflation, tandis qu'un taux d'inflation plus faible a pour effet de réduire le passif. L'augmentation annuelle que reçoivent les retraités pour la partie de leur rente constituée après 2009 est conditionnelle à la capitalisation du régime.

Volatilité de l'actif

L’année 2019 a marqué à la fois la plus longue reprise économique des États-Unis et la plus longue période haussière pour les actions jamais enregistrées. La reprise du marché des actions a persisté alors même que la croissance économique ralentissait et que les sociétés affichaient des gains décevants, ce qui laisse présager qu’une correction des cours pourrait présenter des risques accrus si les facteurs fondamentaux sous-jacents ne se rétablissent pas suffisamment pour justifier les évaluations élevées du marché. Une chute importante des prix des actifs pourrait avoir une incidence négative sur leur valeur. La volatilité des changes a aussi un effet sur l’actif. La volatilité des marchés peut offrir des occasions aux investisseurs à long terme tels que le RREO, mais elle peut aussi se traduire par des pertes sur placements qui ont une incidence sur la capitalisation du régime.

Équité intergénérationnelle

La conception et la mise en oeuvre d'un facteur d'atténuation des risques de capitalisation novateur, la protection conditionnelle contre l'inflation (PCCI), ont conféré de la souplesse au régime et favorisent l'équité intergénérationnelle. La PCCI reconnaît et neutralise pratiquement l'effet de l'évolution du ratio des participants actifs aux participants retraités sur la capitalisation du régime.

Les répondants du régime ont adopté la PCCI de manière prudente et proactive en 2008, sachant que, dans l'éventualité de pertes de placement importantes ou d'une insuffisance de capitalisation, une augmentation des taux de cotisation serait probablement insuffisante à elle seule, et que les augmentations seraient assumées par les participants actifs uniquement.

La PCCI permet plus de souplesse en ce qui concerne le montant de l'augmentation liée à l'inflation offerte aux retraités pour les services décomptés après 2009. La décision concernant l'importance de l'augmentation appartient aux répondants et est conditionnelle à la capitalisation du régime. Les services des participants décomptés avant 2010 demeurent pleinement indexés sur l'inflation. Il existe trois niveaux de protection contre l'inflation pour les participants, qui sont fonction du moment où les services décomptés ont été accumulés, c'est-à-dire avant 2010, de 2010 à 2013 ou après 2013.

Moment où les services
décomptés ont
été accumulés
Niveau de protection
contre l'inflation
Ce que cela signifie
pour les participants
Avant 2010 100% Cette portion de la rente d'un participant suivra le rythme des augmentations annuelles de l'indice des prix à la consommation (IPC).
De 2010 à 2013 De 50 % à 100 % Cette portion de la rente d'un participant fera l'objet d'une augmentation d'au moins 50 % et d'au plus 100 % de l'augmentation annuelle de
l'IPC, selon la capitalisation du régime.
Après 2013 De 0 % à 100 % Cette portion de la rente d'un participant fera l'objet d'une augmentation se situant entre 0 % et 100 % de l'augmentation annuelle de l'IPC, selon la capitalisation du régime.

 

La PCCI est un moyen efficace d'atténuer les risques de capitalisation tout en favorisant l'équité intergénérationnelle puisque, au fil du temps, alors que plus de participants actifs prennent leur retraite, le risque de pertes de placement importantes ou d'insuffisance de capitalisation est plus largement réparti entre les participants – c'est-à-dire qu'il est partagé par un plus grand nombre de participants retraités.

La PCCI devient plus efficace avec le temps. La proportion des services décomptés après 2009 continue d'augmenter, tandis que la proportion des services décomptés avant 2010 (pour lesquels les rentes sont entièrement rajustées en fonction de l'inflation) est en baisse. Ces tendances signifient que toutes les prestations de retraite finiront par être assujetties à la PCCI et que les participants actifs et retraités se partageront les risques de pertes.

Au cours des 15 prochaines années, le pourcentage du passif total du régime assujetti à la PCCI passera de 51 % à 77 %. Puisque la PCCI s’applique à une part plus importante du passif total du régime, elle pourra absorber une plus grande perte, ce qui en fait un outil de gestion du risque extrêmement efficace.

  1990 2019 2029
Augmentation des cotisations requise pour une perte d'actif de 10 % 1,9 % 5,2 % 5,6 %
Diminution du niveau de la PCCI requise pour une perte d'actif de 10 % s. o. 30 % 21 %
Perte d'actif pouvant être compensée par la PCCI pleinement invoquée s. o. 43 $G 86 $G

 

À titre d'exemple, une perte de 10 % de l'actif en 2029 pourrait être absorbée en réduisant de 100 % à 79 % les augmentations au titre de la protection contre l'inflation pour les prestations constituées après 2009. Comme autre exemple, dans le cas le plus extrême, si les niveaux de PCCI étaient abaissés à 50 % pour les droits attribués de 2010 à 2013 et à 0 % pour les droits attribués après 2013, ce levier de capitalisation serait assez puissant pour absorber une perte de 86 G$ au titre de l'actif en 2029.