L'équilibre entre l'actif du régime et le coût des rentes futures est un objectif continu pour les deux répondants du Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l'Ontario : la Fédération des enseignantes et des enseignants de l'Ontario (FEO) et le gouvernement de l'Ontario.

Dans les décisions qu'ils prennent au nom de l'ensemble des bénéficiaires, la direction et les répondants du régime tiennent compte de l'incidence des facteurs et des risques démographiques et économiques en constante évolution. Le tableau ci-dessous montre des changements dans les principales variables de capitalisation depuis la création du régime en 1990.

Évolution des variables de capitalisation 2018 1990
Âge moyen du départ à la retraite 59 58
Rente moyenne initiale 47 300 $ 29 000 $
Nombre moyen d'années de cotisation au départ à la retraite 26 29
Nombre d'années prévues de la rente 32 25
Nombré de retraités âgés de 100 ans ou plus 133 13
Ratio des enseignants actifs par rapport aux retraités 1,3 pour 1 4 pour 1
Taux de cotisation moyen 11,0 % 8,0 %

 

Principales considérations sur la capitalisation :

Le régime a déterminé quatre risques de capitalisation principaux, liés à la longévité, aux taux d'intérêt, à l'inflation et à la volatilité de l'actif, et il s'emploie à gérer l'équité intergénérationnelle en fonction de ces risques.

Longévité

Les enseignants de l'Ontario vivent plus longtemps que la population canadienne en général, et leur espérance de vie continue d'augmenter. Il en coûte davantage pour verser des rentes viagères lorsque les participants vivent plus longtemps. Les participants cotisent au régime pendant moins d'années que dans les années 1990, et leur retraite dure plus longtemps. Étant donné la longévité des participants au régime, le RREO utilise des tables de mortalité qui lui sont propres et des échelles bidimensionnelles d'amélioration de la mortalité personnalisées qui sont révisées et mises à jour périodiquement au besoin.

Taux d'intérêt

Alors que l'économie canadienne s'est redressée après le ralentissement consécutif à la crise financière mondiale, les taux d'intérêt ont augmenté progressivement ces dernières années, ce qui est attribuable en partie à la normalisation du taux directeur de la Banque du Canada. Malgré cela, les taux sont encore très inférieurs à leurs niveaux historiques.

Les taux d'intérêt ont un effet tant sur l'actif que sur le passif. Une augmentation des taux pourrait diminuer la valeur de l'actif du régime. Les taux d'intérêt à long terme sont aussi un facteur important dans la décision concernant le taux d'actualisation. Le taux d'actualisation traduit les attentes raisonnables en ce qui a trait au rendement à long terme de l'actif du régime, et est réduit d'une provision pour risque. Le passif du régime est très sensible aux changements du taux d'actualisation. Appliquer un taux d'actualisation moins élevé dans les évaluations actuarielles aurait pour effet d'augmenter le passif. Le programme de placement prévoit une allocation à un programme d'investissements guidés par le passif afin de contribuer à réduire le risque de variation du taux d'actualisation résultant des taux d'intérêt à long terme.

Inflation

Le régime tente d'indexer annuellement la rente des participants retraités afin de compenser l'incidence d'une augmentation du coût de la vie (inflation). Un taux d'inflation plus élevé que celui prévu dans l'évaluation accroît le passif du régime, compte tenu de son mécanisme de protection contre l'inflation, tandis qu'un taux d'inflation plus faible a pour effet de réduire le passif. L'augmentation annuelle que reçoivent les retraités pour la partie de leur rente constituée après 2009 est conditionnelle à la capitalisation du régime.

Au Canada, le taux d'inflation est relativement stable depuis 1991; il se situe généralement à moins d'un point de pourcentage du taux cible de la Banque du Canada, soit 2 %.

Volatilité de l'actif

Si les marchés ont connu une tendance haussière pendant les 10 dernières années, certaines indications pointent vers une valorisation maximale des actifs. Une chute importante des prix des actifs pourrait avoir une incidence négative sur leur valeur. En 2018, la direction a pris d'autres mesures pour diversifier l'actif du régime de façon à optimiser son profil de risque en fonction du contexte actuel.

La volatilité des changes a aussi un effet sur l'actif du régime. Les tendances économiques, les prix des produits de base, l'humeur des investisseurs et d'autres facteurs ont une incidence sur la valeur du dollar canadien par rapport aux autres devises. Comme le régime tire des revenus d'actifs répartis dans le monde entier, les fluctuations de change à l'échelle mondiale peuvent avoir une incidence positive ou négative importante sur les rendements des placements.

La volatilité des marchés peut offrir des occasions aux investisseurs à long terme tels que le RREO, mais elle peut aussi se traduire par des pertes sur placements qui ont une incidence sur la capitalisation du régime.

Équité intergénérationnelle

La conception et la mise en oeuvre d'un facteur d'atténuation des risques de capitalisation novateur, la protection conditionnelle contre l'inflation (PCCI), ont conféré de la souplesse au régime et favorisent l'équité intergénérationnelle. La PCCI reconnaît et neutralise pratiquement l'effet de l'évolution du ratio des participants actifs aux participants retraités sur la capitalisation du régime.

Les répondants du régime ont adopté la PCCI de manière prudente et proactive en 2008, sachant que, dans l'éventualité de pertes de placement importantes ou d'une insuffisance de capitalisation, une augmentation des taux de cotisation serait probablement insuffisante à elle seule, et que les augmentations seraient assumées par les participants actifs uniquement.

La PCCI permet plus de souplesse en ce qui concerne le montant de l'augmentation liée à l'inflation offerte aux retraités pour les services décomptés après 2009. La décision concernant l'importance de l'augmentation appartient aux répondants et est conditionnelle à la capitalisation du régime. Les services des participants décomptés avant 2010 demeurent pleinement indexés sur l'inflation. Il existe trois niveaux de protection contre l'inflation pour les participants, qui sont fonction du moment où les services décomptés ont été accumulés, c'est-à-dire avant 2010, de 2010 à 2013 ou après 2013.

Moment où les services
décomptés ont
été accumulés
Niveau de protection
contre l'inflation
Ce que cela signifie
pour les participants
Avant 2010 100% Cette portion de la rente d'un participant suivra le rythme des augmentations annuelles de l'indice des prix à la consommation (IPC).
De 2010 à 2013 De 50 % à 100 % Cette portion de la rente d'un participant fera l'objet d'une augmentation d'au moins 50 % et d'au plus 100 % de l'augmentation annuelle de
l'IPC, selon la capitalisation du régime.
Après 2013 De 0 % à 100 % Cette portion de la rente d'un participant fera l'objet d'une augmentation se situant entre 0 % et 100 % de l'augmentation annuelle de l'IPC, selon la capitalisation du régime.

 

La PCCI est un moyen efficace d'atténuer les risques de capitalisation tout en favorisant l'équité intergénérationnelle puisque, au fil du temps, alors que plus de participants actifs prennent leur retraite, le risque de pertes de placement importantes ou d'insuffisance de capitalisation est plus largement réparti entre les participants – c'est-à-dire qu'il est partagé par un plus grand nombre de participants retraités.

La PCCI devient plus efficace avec le temps. La proportion des services décomptés après 2009 continue d'augmenter, tandis que la proportion des services décomptés avant 2010 (pour lesquels les rentes sont entièrement rajustées en fonction de l'inflation) est en baisse. Ces tendances signifient que toutes les prestations de retraite finiront par être assujetties à la PCCI et que les participants actifs et retraités se partageront les risques de pertes.

En fait, cela a pour effet d'inverser le profil démographique du régime en améliorant le ratio des participants qui assument une part des risques du régime par rapport à ceux qui ne le font pas. Lorsque la PCCI est devenue une caractéristique du régime en 2008, 1,5 participant actif assumait une part des risques du régime pour chaque retraité; à l'époque, les retraités n'assumaient aucune part des risques. D'ici 2058, alors que l'incidence de la PCCI se fera sentir de plus en plus, 14 participants (autant actifs que retraités) assumeront une part des risques du régime pour chaque retraité qui ne le fait pas.

Puisque la PCCI s'applique à un plus grand nombre de participants au régime, elle pourra absorber une plus grande perte. Elle devient donc un outil de gestion des risques plus efficace.

  1990 2018 2028
Augmentation des cotisations requise pour une perte d'actif de 10 % 1,9 % 5,0 % 5,4 %
Diminution du niveau de la PCCI requise pour une perte d'actif de 10 % s. o. 32 % 23 %
Perte d'actif pouvant être compensée par la PCCI pleinement invoquée s. o. 37 $G 75 $G

 

À titre d'exemple, une perte de 10 % de l'actif en 2028 pourrait être absorbée en réduisant de 100 % à 77 % les augmentations au titre de la protection contre l'inflation pour les prestations constituées après 2009. Comme autre exemple, dans le cas le plus extrême, si les niveaux de PCCI étaient abaissés à 50 % pour les droits attribués de 2010 à 2013 et à 0 % pour les droits attribués après 2013, ce levier de capitalisation serait assez puissant pour absorber une perte de 75 G$ au titre de l'actif en 2028.