Milken 2026 : d’une conviction thématique à un avantage sur le plan de l’exécution
Notre réflexion sur les principaux thèmes et perspectives en matière de placements issus de la conférence mondiale de 2026 du Milken Institute, notamment en ce qui concerne l’adoption de l’intelligence artificielle, l’évaluation des sociétés de logiciels, la demande en infrastructures et la géopolitique.
Aperçu :
- Le sujet dominant était l’intelligence artificielle, mais la question la plus utile consiste à déterminer quelles sociétés peuvent en tirer de réels bénéfices tout en améliorant leurs activités.
- Les investisseurs étaient optimistes, malgré les risques géopolitiques sous-jacents. Il est donc particulièrement important de prendre des risques calculés.
- Les sociétés de logiciels demeurent difficiles à évaluer, car les investisseurs sont toujours en train de faire la part des choses entre les pressions à court terme et les défis durables relatifs au modèle d’affaires.
- L’intelligence artificielle crée également une demande d’infrastructures physiques, particulièrement en ce qui concerne les centres de données et l’énergie nécessaire pour les faire fonctionner.
- La géopolitique est de plus en plus directement liée à des occasions d’investissement concrètes, en particulier dans des secteurs comme l’aérospatiale et la défense.
Du 3 au 6 mai 2026, des dirigeants des secteurs des finances, des affaires, de la technologie, de la santé, de la philanthropie et des politiques publiques se sont réunis à Los Angeles dans le cadre de la conférence mondiale du Milken Institute. La conférence a donné au Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (RREO) l’occasion d’écouter des investisseurs, des exploitants et des dirigeants politiques du monde entier donner leur point de vue, d’échanger avec des partenaires et de mettre à l’épreuve son opinion par rapport aux forces qui façonnent les rendements à long terme.
La leçon la plus manifeste à retenir de la conférence de cette année ne se limite pas à l’importance de l’intelligence artificielle et de la géopolitique. Il s’agit maintenant de thèmes dominants.
Le plus important, c’est le changement relatif aux questions que posent les investisseurs. Plutôt que de se demander «quelles sont les grandes tendances? », on s’intéresse de plus en plus à déterminer « quelles sont les sociétés qui peuvent le mieux s’y adapter? » Concrètement, les investisseurs veulent savoir quelles sociétés peuvent utiliser l’intelligence artificielle pour améliorer leurs bénéfices, quelles équipes de direction peuvent s’adapter aux perturbations et quels investisseurs peuvent évaluer ces occasions de façon disciplinée.
Cette distinction est importante pour le RREO. Notre approche de placement repose sur une sélection minutieuse des actifs, une participation active, des partenariats mondiaux et une approche axée sur l’ensemble de la caisse qui vise à maintenir la résilience du régime. Dans un marché où les occasions sont nombreuses, mais qui devient de plus en plus complexe, la capacité de tirer parti d’un bon thème par une bonne exécution devient plus importante.
Voici quelques-unes des réflexions clés que nous a inspirées la Conférence Milken de cette année :
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Les investisseurs sont optimistes, mais la discipline demeure de rigueur
De façon générale, le ton de la conférence a été positif. Les investisseurs, Américains pour la plupart, semblaient généralement à l’aise de regarder au-delà des tensions géopolitiques actuelles pour plutôt se concentrer sur la vigueur des marchés, la poursuite des transactions et le potentiel de croissance de l’intelligence artificielle.
L’intelligence artificielle est la principale source de cet optimisme. En 2025, l’intelligence artificielle a été l’un des nombreux thèmes de placement. En 2026, c’est devenu le thème sur lequel sont fondées les conversations sur les marchés publics, les titres de sociétés fermées, les titres de créance et les infrastructures. Les investisseurs ne se contentent plus de se demander quelles sociétés technologiques en bénéficieront. Ils se demandent également qui en financera la mise en œuvre, qui fournira l’énergie et les centres de données, et quelles sociétés utiliseront l’intelligence artificielle pour améliorer leur efficacité.
Pour le RREO, l’optimisme est le bienvenu, mais ne peut remplacer la discipline. Nous continuons d’axer nos efforts sur l’élaboration de notre point de vue, la planification en fonction de différents scénarios économiques, la préservation de liquidités et la constitution d’un portefeuille pouvant offrir un bon rendement en composant avec diverses situations du marché.
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L’évaluation des sociétés de logiciels peut prendre du temps
Les logiciels ont été l’un des principaux sujets des conversations sur les placements dans des sociétés fermées et sont de plus en plus abordés dans les discussions sur les prêts. Les investisseurs cherchent toujours à déterminer si la pression que subissent les sociétés de logiciels est temporaire où si elle reflète des changements plus profonds au sein du secteur.
C’est important, car les sociétés de logiciels ont souvent une valorisation très élevée en raison de leurs revenus récurrents et de leur forte croissance. Aujourd’hui, les acheteurs, les prêteurs et les conseils se posent des questions plus difficiles : Les clients sont-ils toujours prêts à payer autant? L’intelligence artificielle réduira-t-elle les coûts ou augmentera-t-elle la concurrence? Les taux de croissance ralentissent-ils en raison du cycle économique ou parce que le produit est moins différencié que prévu?
Il en résulte un contexte plus prudent pour les transactions. Tous étaient d’avis qu’il faudra du temps au marché pour bien comprendre l’incidence que cela aura sur les sociétés de logiciels et pour réinitialiser les évaluations.
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Dans le domaine de l’intelligence artificielle, la façon d’utiliser la technologie à plus d’importance que son adoption.
L’intelligence artificielle a dépassé le stade précoce où les sociétés pouvaient se démarquer en se contentant de dire qu’elles adoptaient cette technologie. La plupart des sociétés expérimentent maintenant avec l’intelligence artificielle sous une forme ou une autre. La véritable différence réside dans leur capacité à l’utiliser de manière à améliorer leur fonctionnement.
Cela signifie qu’il faut intégrer l’intelligence artificielle aux principaux processus d’affaires, gérer les données de façon efficace et mesurer si les outils améliorent réellement la productivité, les coûts ou les résultats pour les clients.
Cela pourrait creuser l’écart entre les investisseurs ayant de solides capacités d’exploitation et ceux qui espèrent simplement profiter de la tendance relative à l’intelligence artificielle. Pour les participants actifs comme le RREO, c’est une occasion d’aider les sociétés de portefeuille à passer de l’expérimentation à une valeur mesurable.
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L’intelligence artificielle a besoin d’infrastructures physiques, pas seulement de logiciels
L’enthousiasme à l’égard de l’intelligence artificielle ne se limite pas aux grands modèles de langage et aux applications logicielles. L’intelligence artificielle dépend également d’infrastructures numériques : des centres de données, la production et la transmission d’énergie, des systèmes de refroidissement et les infrastructures connexes.
La demande pour ces actifs est forte, tandis que l’offre demeure limitée dans de nombreux marchés. Cela crée d’éventuelles occasions pour les investisseurs qui ont de l’expérience en infrastructures, mais celles-ci doivent être évaluées attentivement.
L’important, c’est de traiter ces actifs comme des placements en infrastructures, et non comme un raccourci pour suivre la tendance liée à l’intelligence artificielle. Cela signifie qu’il faut se concentrer sur la qualité des contrats, la disponibilité de l’énergie, les emplacements, la réglementation, les coûts de financement et la demande à long terme.
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La géopolitique devient un enjeu pratique par rapport aux placements
La géopolitique a été l’un des autres thèmes importants, mais la discussion a été moins abstraite que par les années passées. Les investisseurs se demandent de plus en plus en quoi les changements de priorités des gouvernements, les besoins en matière de sécurité nationale et les stratégies relatives aux chaînes d’approvisionnement pourraient créer des risques et des occasions.
L’aérospatiale et la défense se sont démarquées en attirant plus d’attention. L’augmentation des dépenses de défense, le réarmement et les priorités en matière de sécurité nationale rendent ce secteur plus pertinent pour les investisseurs des marchés privés.
De façon plus générale, la géopolitique n’est plus uniquement un risque à surveiller de loin. Elle devient un facteur pouvant influer sur les revenus, la réglementation, les dépenses en immobilisations et l’avantage concurrentiel dans tous les secteurs.
En résumé
En fin de compte, les investisseurs qui sont en mesure d’acquérir un certain niveau de conviction et qui ont une expertise opérationnelle approfondie et une approche disciplinée seront les mieux placés pour s’adapter à l’évolution du contexte en continuant à obtenir de bons résultats pour les parties prenantes.