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L’économie réelle : Investir dans un paysage énergétique en évolution

Les enjeux de sécurité énergétique, les risques climatiques concrets et la croissance de la demande attribuable à l’électrification et à l’intelligence artificielle créent de nouvelles occasions pour les investisseurs à long terme.

Aperçu :

  • La demande croissante d’électricité, conjuguée à l’importance de la sécurité énergétique, accroît le besoin d’infrastructures énergétiques fiables et diversifiées.
  • Les risques climatiques concrets font désormais partie intégrante de l’analyse des investissements, avec des répercussions sur le rendement des actifs, leur valorisation et leur résilience.
  • L’essor de l’électrification et de l’IA entraîne une demande croissante d’infrastructures, notamment dans les secteurs de la production d’électricité, du transport d’énergie, du stockage et de l’utilisation des terres.
  • Ces tendances offrent des possibilités aux investisseurs à long terme, mais elles nécessitent une évaluation rigoureuse des investissements et une bonne compréhension des risques et des facteurs de dépendance connexes.

Anna Murray

Directrice supérieure et chef mondiale,

Investissement durable pour le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (RREO)

Le paysage de l’investissement devient de plus en plus complexe. La hausse de la demande d’électricité, l’instabilité géopolitique, le vieillissement des infrastructures et la croissance de l’intelligence artificielle se conjuguent à mesure que les effets concrets des changements climatiques se précisent.

À la fin de septembre, ces thèmes ont dominé les discussions de la Semaine du climat à New York, réunissant le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (RREO), des investisseurs, des leaders du monde des affaires et des décideurs gouvernementaux lors de diverses séances et tribunes d’échange. L’événement a été l’occasion de comparer les perspectives de différents partenaires et d’évaluer le rôle que peut jouer le capital à long terme dans le soutien d’actifs résilients et d’une croissance durable, tout en respectant une approche d’investissement disciplinée.

Pour les investisseurs à long terme, la situation commande une approche pragmatique.

La transition ne consiste pas simplement à remplacer une source d’énergie par une autre. Elle repose sur les infrastructures, les ressources et les systèmes nécessaires pour répondre à la demande tout en bâtissant un avenir plus sûr, plus résilient et à plus faible intensité carbone.

Nous considérons cela comme un accent mis sur l’économie réelle : l’énergie, les réseaux électriques, le stockage, les infrastructures et les ressources naturelles qui soutiennent la croissance et les transformations technologiques.

La sécurité énergétique redéfinit les possibilités

La sécurité énergétique influence de nouveau les décisions des entreprises et des investisseurs.

Au cœur de cette notion se trouve un accès fiable à l’énergie, en particulier à l’électricité. L’adoption croissante de l’électricité dans les transports, les bâtiments et les activités industrielles s’accompagne d’une demande supplémentaire attribuable à l’essor de l’intelligence artificielle et des centres de données.

L’incertitude géopolitique renforce également l’importance de systèmes énergétiques diversifiés.

Les réseaux électriques vieillissants, les limites de capacité du transport d’électricité et les longs délais de développement peuvent entraîner des contraintes, même lorsque l’énergie produite est suffisante. Selon l’Agence internationale de l’énergie, pour répondre à la croissance prévue de la demande d’électricité d’ici 2035, il faudra que la capacité du réseau augmente d’au moins 30 %, ce qui équivaut à l’ajout ou au remplacement de 25 millions de kilomètres de lignes électriques.1

Cela met en évidence la nécessité d’investir dans la production d’électricité, les réseaux électriques, les solutions de stockage et les infrastructures qui soutiennent l’électrification.

Ces occasions peuvent être intéressantes pour les investisseurs, à condition d’adopter une approche disciplinée en matière d’analyse et d’exécution.

Pour y parvenir, il est essentiel d’évaluer la demande, les caractéristiques économiques de l’investissement, les risques de réalisation, l’environnement réglementaire et la capacité de l’actif à maintenir un avantage concurrentiel durable.

Comprendre les répercussions des risques climatiques concrets sur les investissements

Les effets concrets des changements climatiques prennent une importance croissante dans l’évaluation et la gestion des actifs. En 2025, les catastrophes naturelles d’origine météorologique ont été responsables de 92 % des quelque 224 milliards de dollars américains de pertes mondiales attribuables aux catastrophes naturelles2. Les répercussions sur les investissements vont au-delà des dommages physiques directs.

La performance d’un actif peut être influencée par sa main-d’œuvre, ses chaînes d’approvisionnement, sa clientèle, son accès à l’électricité, sa couverture d’assurance et les infrastructures environnantes. Ces risques peuvent également se renforcer mutuellement.

Pour les investisseurs, l’enjeu est de dépasser la simple identification des risques. L’objectif est de transformer les données climatiques et les prévisions en informations concrètes sur les actifs afin d’appuyer les décisions d’investissement, la valorisation et la gestion des actifs.

C’est ici que la propriété active prend toute sa valeur.

Lorsque les risques sont importants, les mesures de résilience peuvent protéger les activités, réduire les perturbations et préserver la valeur à long terme de l’actif. Dans certains cas, elles peuvent aussi améliorer le rendement et la compétitivité.

L’enjeu n’est pas l’analyse climatique en soi. Il est de comprendre les risques financiers qui en découlent et d’évaluer leurs répercussions potentielles sur les décisions d’investissement.

L’IA repose sur des infrastructures physiques, avec des implications plus larges pour l’économie et les investissements

L’intelligence artificielle est souvent présentée comme une transformation numérique, mais l’infrastructure qui la soutient est bien réelle et physique.

L’exploitation des centres de données exige de l’électricité, un accès au réseau, des capacités de refroidissement et des superficies de terrain importantes. À mesure que l’adoption de l’intelligence artificielle progresse, la pression exercée sur ces systèmes augmente elle aussi.

Cela pourrait accélérer les investissements dans la production d’électricité, le transport d’électricité, le stockage d’énergie et d’autres infrastructures. Les centres de données peuvent également favoriser de nouveaux investissements dans la production d’électricité et les réseaux électriques lorsque la demande le justifie.

Il faut aussi tenir compte des interdépendances.

L’expansion rapide des centres de données peut entraîner des répercussions sur l’approvisionnement en électricité, l’aménagement du territoire, la capacité des infrastructures et l’abordabilité des services. L’adoption de l’intelligence artificielle peut également avoir des conséquences plus larges pour les communautés et la main-d’œuvre, alors que les attentes en matière de gouvernance, de déploiement responsable et de réglementation continuent d’évoluer.

Ces éléments sont au cœur même de la thèse d’investissement. La capacité des entreprises à gérer de façon proactive les répercussions de l’IA, notamment grâce à une gouvernance efficace et à une mobilisation adéquate des parties prenantes, peut influer sur la rapidité de déploiement, la performance des activités, les relations communautaires et la valeur créée à long terme.

Comme pour la transition énergétique, nous tenons compte tout autant des possibilités que des contraintes.

Il ne s’agit pas seulement d’évaluer les émissions d’un actif aujourd’hui, mais de comprendre dans quelle mesure son modèle d’affaires, ses opérations et ses investissements sont préparés aux réalités d’un monde en mutation.

Investir dans l’économie réelle

Nous demeurons convaincus que la transition énergétique représente un thème d’investissement durable. Ce qui change, c’est l’éventail des possibilités.

Les liens entre la sécurité énergétique, l’électrification, l’IA, les infrastructures, les risques climatiques concrets et la résilience sont de plus en plus étroits. L’analyse de ces interdépendances permet aux investisseurs de mieux cibler les besoins de financement, les occasions commerciales prometteuses et les sources potentielles de risque.

Pour le RREO, l’objectif est d’investir dans des actifs présentant de solides perspectives commerciales, tout en accompagnant les sociétés du portefeuille dans le renforcement de leur résilience et la mise en œuvre de plans de transition crédibles.

L’occasion va au-delà de la transition vers un avenir à faibles émissions.

Elle réside dans les investissements qui renforcent les infrastructures et les entreprises essentielles à la prospérité à long terme.


1 Agence internationale de l’énergie (AIE), Modernising Grids in the Age of Electricity, 2026.

2 Munich Re, « Natural disaster figures for 2025 », 13 janvier 2026.