Comment les investisseurs à long terme composent avec un éventail de résultats plus large
Aperçu
- La hausse du coût du capital, la géopolitique et l’IA sont les trois grands thèmes qui façonnent les portefeuilles institutionnels, et ils ont élargi de façon importante l’éventail des résultats potentiels.
- Les investisseurs institutionnels devraient s’efforcer de bâtir des portefeuilles résilients et diversifiés, capables d’atteindre leurs cibles de rendement dans un large éventail de contextes économiques.
- Les premiers avantages du modèle de régime de retraite canadien ont évolué au cours des décennies qui ont suivi son émergence, mais les investisseurs comme le RREO possèdent toujours d’importants avantages.
Comment un régime de retraite de 300 milliards de dollars peut-il se préparer pour un monde où l’éventail des résultats ne cesse de s’élargir? Stephen McLennan, chef des placements, Répartition de l’actif, a récemment participé au balado Capital Allocators (sur la répartition des capitaux) avec Ted Seides pour discuter de la façon dont les investisseurs institutionnels devraient envisager la constitution de portefeuilles sur le marché actuel, des thèmes qui influencent la croissance du portefeuille et de l’adaptation à l’incertitude.
Écoutez l’entretien complet et lisez les faits saillants de la discussion ci-dessous.
Quels sont les principaux thèmes qui influencent le contexte de l’investissement aujourd’hui?
Stephen McLennan (SM) : Depuis la pandémie de COVID-19, trois grands thèmes se sont dégagés. Le premier est celui de la hausse du coût du capital, que ce soit en raison d’une inflation plus élevée ou pour d’autres raisons, qui entraîne une augmentation des rendements requis dans toutes les catégories d’actifs. Le deuxième est celui de la géopolitique, qui concernait principalement les États-Unis et la Chine et qui s’est élargie et complexifiée ces derniers temps. Le troisième est la technologie, en particulier l’IA. Nous pensons que l’éventail des résultats s’est beaucoup élargi au cours des dernières années.
Concernant le coût du capital, nous nous attendons à ce que l’inflation soit plus volatile et probablement plus élevée. Il s’agit d’un risque important pour un régime dont le passif est lié à l’inflation. Environ 20 % de notre portefeuille comprend des placements sensibles à l’inflation, notamment des marchandises, dont l’or, et les ressources naturelles. Ils servent à fournir une compensation lorsque l’inflation nuit aux actions et aux obligations.
Du côté de la technologie, l’IA évolue si rapidement qu’il est difficile d’avoir une conviction très forte. Nous essayons d’être humbles. Il y a des choses que nous ne savons pas, et nous ne voulons pas surestimer notre capacité à prédire l’évolution de l’IA ni avoir une confiance excessive dans un seul résultat possible. Il y a des avantages, mais il y a aussi des inconvénients potentiels. Il est donc encore plus important de maintenir un portefeuille équilibré et de mettre en place les bons scénarios afin d’éviter les replis importants.
Qu’est-ce que le RREO essaie d’accomplir avec son portefeuille?
SM : En fin de compte, nous essayons de bâtir un portefeuille diversifié et résilient dans un certain nombre de contextes économiques différents, afin d’être en mesure de tenir la promesse faite aux 346 000 enseignantes et enseignants actifs et retraités de l’Ontario en matière de retraite. Notre objectif est d’obtenir un rendement nominal de 7 % de façon constante.
Pour y arriver, les investisseurs doivent se concentrer sur quatre éléments : la diversification, la gestion active (à savoir, la conviction de pouvoir obtenir des rendements supérieurs à ceux du marché), un solide cadre de gestion des risques et un niveau d’effet de levier prudent.
La diversification est un outil puissant, mais elle est susceptible de vous décevoir à tout moment. Lorsqu’ils examinent un portefeuille, la plupart des comités des placements se concentrent sur ce qui a bien fonctionné et disent : « C’est vraiment formidable. » Face aux éléments qui n’ont pas bien fonctionné, la réaction naturelle est la suivante : « Pourquoi faisons-nous cela? » Il faut tenir compte de la façon dont chaque élément devait contribuer et de la façon dont ils s’articulent pour atteindre l’objectif global.
« La diversification est un outil puissant, mais elle est susceptible de vous décevoir à tout moment. »
Comment la concurrence a-t-elle changé et dans quelle mesure le RREO a-t-il toujours un avantage?
SM : Il y a 25 ans, peu d’investisseurs disposaient d’une gouvernance indépendante, d’un portefeuille diversifié, d’équipes de placement internes et d’une réserve de capitaux à mettre en œuvre. Aujourd’hui, ils sont beaucoup plus nombreux. La capacité de signer des chèques importants et d’obtenir des conditions préférentielles s’est assurément érodée, et la concurrence accrue se traduit par une baisse des rendements attendus dans tous les marchés.
Nous disposons toujours de réels avantages. Nous avons un horizon à long terme, contrairement aux fonds à durée déterminée qui sont dans l’obligation de faire certaines choses avec leur portefeuille. Nous sommes depuis longtemps un bon partenaire et nous tenons nos promesses. Notre mémoire institutionnelle, notre gouvernance, nos équipes et nos processus sont déjà en place.
Nous avons également une réelle affinité avec notre mission. La plupart des gens ont eu une expérience positive avec une enseignante ou un enseignant, ce qui nous aide à attirer des partenaires et à recruter et à fidéliser notre personnel.
Notre plus grand avantage réside dans notre excellente capitalisation, avec un ratio de capitalisation de 111 %. Celle-ci nous permet de choisir où nous souhaitons nous situer sur la courbe des risques. Les investisseurs se retrouvent en difficulté lorsqu’ils sont contraints de prendre une position en matière de risques avec laquelle ils ne sont pas à l’aise, et c’est à ce moment-là qu’ils commettent des erreurs.
« Nous pouvons maîtriser notre propre destin et choisir où nous souhaitons nous positionner sur la courbe des risques, en fonction des occasions de marché que nous jugeons les meilleures. »
Comment prenez-vous des décisions dans le contexte d’une telle incertitude?
SM : Composer avec l’incertitude fait partie du processus de prise de décisions en matière d’investissement. Il faut parfois s’abstenir de faire quelque chose d’imprudent. Un ancien collègue du RREO disait toujours qu’il fallait faire ce qui nous semblait le mieux pour le portefeuille, même si certaines personnes étaient en désaccord. Vous devez croire en ce que vous faites. Cela m’a marqué, et c’est quelque chose que j’essaie de garder à l’esprit.
Du côté du RREO, la conviction imprègne l’ensemble de l’approche. L’excellent état de notre capitalisation nous aide ici aussi. Nous ne sommes jamais en position de devoir forcer le portefeuille à atteindre un niveau précis; nous pouvons attendre que les prix deviennent plus intéressants.
Dans un monde où l’éventail des résultats ne cesse de s’élargir, l’objectif n’est pas de prédire lequel se produira. Il s’agit plutôt de bâtir un portefeuille suffisamment résilient pour vous permettre d’atteindre vos objectifs à long terme, quoi qu’il advienne.