| Nous nous assurons en permanence que le risque de placement, tant à l’échelle de la caisse qu’à l’échelle des portefeuilles, ne dépasse pas les limites établies par le conseil.
Le risque principal auquel s’expose le régime est le risque de liquidité, à savoir le risque que l’actif ne soit pas assez élevé pour faire face aux obligations du régime. À long terme, il doit exister un équilibre entre les prestations de retraite et les cotisations plus le rendement des placements.
Le régime atteindrait cet équilibre et ne serait exposé à aucun risque de liquidité si toutes les cotisations pouvaient être investies dans des actifs sans risque générant un rendement d’environ 4,5 % plus l’inflation (c.-à-d. un rendement réel de 4,5 %), du jour où elles sont investies au jour où le dernier chèque de rente est versé.
Toutefois, les placements sans risque produisent un rendement inférieur à notre objectif à long terme tandis que les placements à rendement plus élevé ne sont pas exempts de risque. Les obligations canadiennes à rendement réel ne comportent pour ainsi dire aucun risque, mais leur rendement à la fin de 2007 n’était que de environ 2,0 % plus inflation, comparé à 4 % plus inflation en 1999.
À l’autre extrême, les actions dégagent un rendement prévisionnel à long terme plus élevé, mais leurs rendements annuels peuvent fluctuer considérablement, comme nous en avons fait l’expérience lors de la volatilité récente et de la chute abrupte des marchés boursiers de 2000 à 2002. Cette volatilité pourrait mener à des fluctuations inacceptables des taux de cotisation annuels.
Nous savons également que le risque relatif à la capitalisation peut être lié tant à l’actif qu’au passif. Une baisse de 1 % des taux d’intérêt réels augmente en effet le passif de 22 % sur la base de la capitalisation et de 17 % sur la base des états financiers. Le risque le plus important pour l’actif du régime est une baisse du marché boursier.
Nous avons mis au point un système de risques solide qui nous offre toute la souplesse nécessaire pour étudier et comparer un grand nombre de stratégies et de catégories d’actifs. Il nous permet aussi de calculer les avantages de la diversification des stratégies, des catégories d’actifs, des services et des portefeuilles.
Budgétisation des risques
Nous consacrons un effort considérable à l’affectation du risque de liquidité aux diverses sous-catégories du risque du marché et du risque lié à la gestion active, selon un processus appelé « budgétisation des risques ».
Nous utilisons la budgétisation des risques, c’est-à-dire que nous répartissons les risques, et non le capital, entre les catégories d’actifs de la caisse, en vue de dépasser les rendements des marchés. Pour comprendre la dynamique à long terme du risque total pour le régime, nous étudions aussi la conjoncture pour chaque catégorie d’actifs, puis actualisons notre modèle actif-passif à l’aide des résultats obtenus.
À l’aide de notre modèle actif-passif, la budgétisation des risques consiste à déterminer la combinaison de stratégies du risque lié à la gestion active et du risque du marché ayant les meilleures chances de donner de bons résultats. L’analyse est fondée sur les rendements historiques et les perspectives des marchés boursier et obligataire, ainsi que sur notre évaluation de la qualité de nos programmes de gestion active.
Notre objectif principal est de dépasser les rendements des indices de référence. Mais nous utilisons de plus en plus la budgétisation des risques pour surveiller et gérer l’actif par rapport au passif (le risque de liquidité) et nous assurer que la caisse génère les sommes nécessaires pour financer le régime à long terme.
Nous maîtrisons le risque au niveau du portefeuille global en gérant les fonds alloués aux divers services à l’intérieur des limites discrétionnaires. Grâce au système de risques, nous sommes en mesure d’évaluer le montant des pertes possibles par portefeuille, par ensemble de portefeuilles, par service, par catégorie d’actifs et pour l’ensemble de la caisse, selon des probabilités données. Nous effectuons aussi les calculs de risques sur le passif du régime ou les indices de référence. Il s’agit ensuite de comparer les risques constatés avec les risques budgétés. Cela nous permet aussi de calculer les avantages de la diversification des stratégies, des portefeuilles, des catégories d’actifs et des services.
Ces 10 dernières années, des ordinateurs plus performants et de meilleurs logiciels de gestion des risques ont permis de prendre en compte beaucoup plus d’information que jamais auparavant, surtout dans l’évaluation du risque à court terme, et de surveiller le risque plus assidûment. Notre principal outil de gestion du risque des marchés à court terme est la méthodologie de la valeur à risque (VAR), qui utilise des données historiques sur les rendements pour mesurer la perte associée au rendement potentiel du portefeuille du premier centile inférieur, selon des rendements historiques portant sur une longue période. Elle établit le risque des marchés pour tous les placements, y compris les instruments dérivés.
La VAR nous a grandement aidés à quantifier l’importance et la variation relatives du risque de liquidité (le risque que le ratio de capitalisation chute) et du risque lié à la gestion active (le risque que le rendement soit inférieur au rendement d’un indice de référence passif).
Durant le boom du secteur de la technologie dans les années 1990, nous avons appris que la volatilité des indices boursiers n’est pas constante, car leur composition varie. Nous avons constaté que la répartition de l’actif n’est pas une mesure du risque de marché aussi stable que nous le pensions.
Au Canada, la volatilité des indices boursiers a résulté en grande partie de la hausse et de la baisse de la pondération des titres de Nortel dans l’indice de la Bourse de Toronto, qui ont rendu les placements indiciels beaucoup plus risqués qu’au début de la décennie. Cette situation nous a forcés à prêter davantage attention à la gestion du risque global de la caisse, plutôt qu’au seul risque lié à la gestion active.
Risque lié à la gestion active
Le risque lié à la gestion active est que le rendement soit inférieur au rendement des indices de référence en raison de la sélection de titres visant à obtenir une plus-value. Si l’on choisit de surpondérer certains titres et de ne pas reproduire la pondération de l’indice dans notre portefeuille, nous courons le risque que le marché obtienne un meilleur rendement que les titres que nous avons choisis.
Le conseil approuve annuellement une stratégie de gestion active qui vise à offrir une plus-value par rapport aux indices de référence. Notre objectif actuel est d’ajouter 2 % (avant les frais) par an, en moyenne, sur une période de quatre ans. Le risque supplémentaire lié à la gestion active est faible, et nous avons recours aux lignes directrices et aux procédures (y compris la VAR) de notre politique pour le gérer.
Notre système de VAR s’est avéré particulièrement utile pour évaluer les occasions et pour limiter les risques associés à cette activité. Chaque année, nous décidons de la façon la plus productive de répartir le risque entre nos divers placements actifs et nous budgétisons le risque lié à la gestion active.
Chaque risque que nous prenons doit générer des rendements; la répartition des risques est donc un élément clé de nos programmes d’évaluation du rendement et de rémunération. En comparant le rendement attendu au risque pour chacune des occasions de placement, nous pouvons répartir le capital de risque là où il rapportera le plus. Cela nous pousse naturellement à comparer le rendement au risque plutôt que le rendement à l’actif investi. Ce qui compte, en effet, c’est le gain qui peut être obtenu par rapport au risque de perte, et ces résultats ne sont pas nécessairement proportionnels aux montants investis.
Une part de plus en plus grande de capital de risque est employée pour les placements et les instruments négociés de façon privée qui ne font pas partie d’une catégorie traditionnelle d’actions ou d’obligations. Nous avons aussi recours à des stratégies axées sur l’obtention d’un rendement absolu. Ainsi, à l’heure actuelle, nous retenons les services de plus de 200 gestionnaires externes de fonds de couverture selon leur capacité à nous procurer constamment des rendements ajustés en fonction du risque à partir d’une vaste gamme de stratégies de placement. |